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« Tuez la reine ou elle vous aimera » • Samsara

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Messages : 12
Date d'inscription : 24/07/2017
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Feuille de personnage
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Solitaire
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Samsara
Solitaire
Mar 25 Juil - 16:58
Samsara
Solitaire
Nom : Samsara
Âge : Quarante-deux lunes (trois ans et demi)
Sexe : Femelle (♀)
Rang : ///
Origine : Considérées solitaires, aucun moyen de vérifier précisément.

JoueurVotre surnom : Kira
Que pensez-vous du forum : Il est joli de ouf, j’adore le design et les couleurs ♥
Comment l'avez-vous connu : Par LGDC Incarnation, on m’en a parlé plusieurs fois alors j’ai commencé à stalker, et voilà.
Code : Savoir chasser est à la portée de tous mais apprendre est la qualité d’un grand guerrier

Physique
Samsara, c’est ce genre de créature magnifique, féérique, qui exalte toute sa beauté dans son malheur. C’est ce genre de félin que vous croisez dans la rue et que vous vous sentez obligés de siffler en pensant « Elle est sublime » sans savoir vraiment pourquoi, puis que vous oubliez dès que vous tournez la tête. Car le problème avec ces bêtes-là, qui sont belles dans leur souffrance, c’est que dès qu’elles retirent leur collier de larmes, elles en deviennent laides à crever, tant elles sont banales et inintéressantes. Et Samsara n’est pas exception à cette règle ; tant qu’elle crache et qu’elle pleure dans la boue, elle est belle, si elle vous offre le gîte et vous sourit honnêtement, elle est laide.

Samsara c’est un chat comme un autre : quatre pattes, une tête, une queue pratique pour garder son équilibre en toute circonstance, deux grandes oreilles dressées sur le crâne. Elle n’est pas avantagée ou défavorisée par rapport à ses compères. Elle est petite. Enfin, pas petite, disons plutôt pas trop grande. « Petite » c’est cliché. Les clichés ne s’appliquent pas sur Samsara. Dire que Samsara est « petite » c’est comme dire que le soleil est rouge : ça n’a aucun intérêt, et en plus c’est faux. Samsara n’est pas trop grande, donc. Elle n’est pas trop grosse non plus. En fait elle est plutôt fine, son corps se taillant parfaitement pour la chasse ou la course, suffisamment menu et travaillé pour pouvoir courir vite et en même temps suffisamment robuste pour le faire pendant longtemps. Sa corpulence lui permet une discrétion pratique à la chasse ou pour traquer la piste d’autres félins. Elle a des sens plutôt développés, l’odorat qu’il faut, une bonne vue, une ouïe divine qui entendrait le moindre couinement de souris à des lieues à la ronde… Quand bien même j’exagère sur ce dernier point, elle possède des sens encore plus fiables que ses muscles. Si elle peut courir vite, elle ne courra jamais aussi vite que certains guerriers entraînés. Or, défions quiconque de rivaliser avec les sens de la demoiselle. Beaucoup y perdraient des poils.

Mais avec un don pareil, on se doute bien qu’il y existe des contrecoups. Samsara est faible. Non, là encore ce n’est pas correct. Samsara n’est pas forte. Il y a une légère nuance : dire « elle est faible » veut dire ce que ça veut dire, alors que dire « elle n’est pas forte » ne veut pas forcément dire qu’elle est faible, simplement qu’elle manque de force. Or, c’est son cas. Elle est suffisamment forte pour tuer ses proies, pour jouter contre un chaton ou un apprenti. En aucun cas elle n’a de force pour lutter contre un guerrier entraîné, un autre chat un peu robuste, ou un renard ou un blaireau. Samsara elle ne se bat pas, de toute façon. Samsara elle s’en fout de ses griffes quand bien même elle en prend soin et les aiguise ; elle s’en fout de ses crocs, quand bien même elle reconnaît leur utilité à la chasse. Elle reconnaît simplement que pour se battre et se défendre, son corps lui est parfaitement inutile. On ne peut pas tout avoir, dira-t-on…

Quant à son allure générale, on ne niera pas qu’elle dégage un certain charisme. Le charisme de ceux qui ont vécu beaucoup de choses quand bien même ils sont jeunes. Le charisme de ces anciens expérimentés qu’on se sent obligés de respecter à cause de leur immense savoir. Peut-être aussi cette beauté distordue de ceux qui souffre provoque cet effet envoûtant. Impossible de savoir pourquoi en la regardant on ressent ce besoin de la comprendre et de la respecter. C’est ainsi, simplement.

Pour ce qui est du pelage, la demoiselle s’illustre parmi ceux qui n’ont une fourrure ni trop terne, ni trop pure. Elle arbore ce fier manteau grisâtre de poil long, sans bavure ni imperfection, sans vilaine tache pour le salir de la même manière qu’elle porte ces belles bottes blanches hautes aux pattes, alors que son museau et son ventre se couvrent de neige. Il n’est certes pas parfait, ni extraordinaire, mais elle en prend soin quand l’envie lui en prend, et ce pelage lui va à ravir. Si ce pelage n’est pas ce qui la rend belle, on ne peut pas non plus dire qu’il la rend laide. Il lui va suffisamment bien pour ne pas déranger l’œil, et suffisamment mal pour piquer la curiosité de ceux qui l’admirent.

Ce qui la rend belle, en réalité, n’est pas son pelage, ni son charisme, ni son corps fin, ni ses sens très développés, ni ses grandes oreilles presque sculptées dans le marbre. Ce qui la rend magnifique, digne d’une véritable œuvre d’art, c’est son regard. Son regard, c’est tout l’or du monde. Littéralement. De l’or fondu, une pincée d’étoiles d’un ciel nocturne, et on obtient ces yeux d’un éclat ambré incomparable, sublime et qui en cause des frissons. Son regard, si sa couleur est jolie comme tout, ce sont ses expressions qui le rendent fascinant. Tous ses sentiments passent par ces yeux, que ce soit la colère, la peine, l’ennui… On y lit aisément son âme tout comme on peut lire un livre. La petite nuance avec ce livre c’est que la couverture est épaisse et fermée à double tour par un cadenas solide. On peut y lire tout ce qu’on veut, il est impossible de savoir ce qu’elle pense. On y lit la colère : « Contre quoi s’énerve-t-elle ? » ; « Va-t-elle attaquer ? » ; « Prépare-t-elle un sale coup ? ». On ne pourra savoir. Car ce regard reflète ce qu’elle ressent, pas ce qu’elle pense. Sortez, vils manipulateurs, vous ne l’aurez pas, vous ne pourrez pas lire en elle, c’est peine perdue. Ses yeux vous crachent au visage et vous chassent.

Il n’y a pas grand-chose de plus que je pourrais vous dire sur Samsara. Une description courte lui correspond bien, car il n’y a déjà pas beaucoup à dire sur elle. Elle est belle dans sa façon d’être ordinaire. Elle fascine avec ce regard d’or massif. Elle fascine par cette façon dont la douleur la rend presque divine. Et elle déçoit par cette façon qu’elle a de pouvoir être immonde et laide en un claquement de doigts, comme une princesse qu’on décoifferait et démaquillerait, et qui deviendrait une gueuse, un laideron sans pareil. Mais bon, c’est le propre de tout un chacun, non ? On peut avoir le corps propre, le cœur sale, il y a toujours un moment où les gens veulent vomir en vous regardant parce qu’ils y voient la laideur que d’autres ne voient pas. C’est une question de subjectivité. Et puis, surtout, c’est éphémère. La beauté, ça va bien un moment, mais ça dure pas.

Y a bien un moment où elle sera tellement laide que vous vous roulerez dans la boue pour oublier, soyez-en certain.

Caractère
Fière – Indépendante – Solitaire – Froide – Violente – Méchante – Insensible – Moqueuse – Joueuse – Calculatrice – Égoïste – Égocentrique – Sarcastique – Cynique – Inconsciente – Sauvage – Franche – Soigneuse – Méfiante – Détestable – Patiente – Calme

Prenez tous les adjectifs négatifs du monde, appliquez-les à Samsara. Dans presque cinquante pourcents des cas vous tomberez juste. C’est quand même pas croyable… A se demander si elle le fait exprès ou si elle se fout juste de votre gueule. En tout cas, ce spécimen-là c’est un vrai cas. Y a des choses à dire sur elle, pour le coup. Tant dans ces espèces de contradictions qui existent au sein de son propre caractère que sur la difficulté d’interpréter ce dernier par moments. Enfin, on va faire de notre mieux, hein.

Samsara, comment dire… Y a des tas de mots obscènes qui me traversent l’esprit, mais on va éviter, y a peut-être des enfants qui lisent. Enfin, ça m’empêche pas d’être crue. Mettons-nous dans la peau de la madame. Sinon ce sera encore plus dur de la décrire, et déjà que c’est loin d’être facile…

Bon déjà, on va commencer par des trucs évidents et faciles à voir. Samsara elle s’en fout. Elle s’en fout de vous, elle s’en fout des règles, elle s’en fout du monde entier, elle s’en fout de sa vie. Essayez pas de l’intéresser parce qu’elle va vous regarder avec cet air ennuyé, là, et va se barrer, parce que clairement, vous valez même pas la peine qu’elle vous accorde une seconde d’attention supplémentaire. C’est votre faute, fallait être plus convaincant… Ouais, c’est un peu ça, la femelle s’en fiche de pas mal de chose, son intérêt semble inaccessible, et y a pas moyen d’avoir une conversation convenable avec elle. Elle passera plus de temps à souffler ou bien à faire des commentaires déplacés qu’à vraiment converser. Avouez que c’était déjà pas une bonne idée d’aller lui parler en premier lieu.

Samsara, déjà, elle aime le calme. Elle s’énerve certes souvent mais comme je l’ai dit, c’est un personnage assez ambigu et complexe, alors on va dire qu’elle rentre dans la catégorie des gens « calmes ». Après tout, elle ne s’énerve que si vous l’énervez, autrement, elle est calme… Ce qui peut sembler logique au premier abord, mais il n’y a en réalité que peu de choses qui l’énervent, on n’est pas même sûrs de connaître toutes les circonstances qui la pousseraient à péter une pile. On sait simplement qu’elle aime pas les gens trop collants, ceux qui veulent faire ami-ami et qui parlent beaucoup. Malheureusement, comme il y en a beaucoup de ces chats-là, elle est souvent énervée. Parce qu’elle est plutôt pour le calme et la tranquillité, elle privilégie les endroits à l’écart de toute colonie féline. Elle est suffisamment apte à se débrouiller pour survivre seule, malgré l’hostilité de son milieu. C’est une grande solitaire qui se drogue au calme et boit le silence à longueur de journée, jusqu’à s’en rouler par terre d’ivresse. Ainsi, elle parle très peu, elle aime pas parler, ça lui écorche la langue d’ouvrir la gueule pour vous adresser la parole, vous avez pas idée d’à quel point.

Sauf si c’est pour se moquer de vous ou vous insulter. C’est une exception à la règle. Et Samsara elle marche comme ça : avec des règles strictes posées et précises, et des exceptions qui viennent juste détruire son schéma de pensée qui jusque-là semblait cohérent. Pourquoi être cohérent quand on peut être tout simplement soi-même, après tout ? Bref, je m’égare. Samsara, donc, quand elle ouvre la gueule, c’est pour insulter, ou se moquer. Elle sait reconnaître toutes vos faiblesses morales, et en profite. Je l’ai dit, elle ne se bat pas, pas avec ses griffes, pas avec ses crocs. Mais elle se bat avec ses mots. Sa langue, c’est une épée, du poison mortel, du feu de dragon. Tant qu’elle ne vous aura pas découpés en petites pièces avec ses paroles blessantes, elle n’arrêtera pas. Du moins, elle continuera tant que vous serez obstinés à la coller et à troubler sa tranquillité. Parce que je vous l’ai dit : autrement, elle se fiche de votre existence à un point qui vous en ferait rougir. Cynique, sarcastique, elle n’hésitera pas à jouer des mots pour vous rabaisser, pour exprimer tout le ressentiment qu’elle a pour vous, quand bien même vous ne lui avez strictement rien fait. Là aussi, elle s’en fout, elle veut juste que vous lui fichiez la paix. Pourquoi vous êtes venu lui parler aussi ? Elle atteint des sommets au niveau de la violence, non pas physique mais psychologique. Les plus faibles n’y survivraient pas. Elle détruit, déchire tout ce qu’elle touche. Qu’elle le veuille ou non d’ailleurs. Mais bon, avec son niveau de sensibilité, on peut pas dire qu’elle ait beaucoup de matière à regretter ses actes.

Samsara, c’est aussi quelqu’un qui aime pas rentrer dans le cadre. C’est pas un mouton. C’est pas une suiveuse. Les règles ? Elle s’en balance, tout comme un tas d’autres choses d’ailleurs. L’harmonie, l’équilibre ? Foutaises. Samsara, elle respecte pas les règles, elle brise l’harmonie, elle peut créer des guerres en foulant le territoire d’un Clan et en se faisant passer pour une alliée d’un autre, Samsara, clairement, elle chie dans la neige. Quand le tableau est trop beau, trop parfait, elle est là pour y remédier. Enfin, pas de manière volontaire souvent. Samsara a beau être un félin abject et détestable, elle a autre chose à faire que s’amuser à créer le souk dans la forêt. Disons que s’il le faut, elle est capable de créer suffisamment de désordre pour qu’on arrête de l’embêter. Autrement elle préfère largement vivre à l’écart de toute civilisation, sans parler à personne, éternelle ermite, légende urbaine dont l’existence est difficilement confirmable.

Samsara, elle est loin d’être bête comme une souris. Au contraire. Elle est capable de penser, de réfléchir, et même de bien parler, parfois. Oui, c’est certes étonnant, mais en tout cas on sait que la femelle apporte un soin énorme à tout ce qu’elle entreprend. Elle calcule chaque détail, elle fait en sorte de ne pas rater son coup. Pas le droit à la seconde chance. Elle exigeante, avec elle-même – et encore plus avec les autres. Dure, parfois. Elle ne supporte pas l’échec. En voilà un truc qui la met bien en colère. D’ailleurs, elle admet rarement avoir échoué. Elle est d’une mauvaise foi impressionnante quand elle s’y met. Vous aurez beau lui dire « Laisse tomber, meuf, t’as foiré », elle va simplement vous regarder et vous cracher au visage, et vous répondre « J’ai rien foiré du tout mec, abuse pas. Si t’étais pas né j’aurais p’têt eu plus de chance ». Enfin, ce n’est qu’une situation fictionnelle. Rien n’indique qu’elle parle aussi vulgairement que moi, quand bien même elle sait se montrer vulgaire et blessante.

Cette créature-là c’est un vrai phénomène. Depuis tout à l’heure vous la voyez comme un être dépeint comme calme mais qui semble partir au quart de tour, qui insulte à tour de patte, qui se sert de son intelligence pour briser les gens et qui s’en tamponne de la vie des autres. Ce qui n’est pas totalement faux. Mais faut bien saisir que tout n’est pas absolu, et que c’est même très nuancé.

En fait Samsara elle est très froide. Elle vous laissera pas accéder à son cœur super facilement. Elle se méfie en permanence des gens, à tort ou à raison à vous de voir, à la manière d’une bête sauvage et farouche, un oiseau qui s’envole dès qu’on s’approche de lui. Elle s’enferme dans sa petite bulle, là où personne l’embêtera, parce qu’elle a l’impression de s’y sentir mieux. En plus, elle n’est pas non plus une grosse impatiente qui démarre au quart de tour comme j’ai pu le laisser sous-entendre plus haut. Comme je l’ai dit elle est difficile à décrire alors je me dois de bien expliquer tout, et ses nuances. Samsara c’est un chat vachement patient en fait. Ca rejoint un peu son côté soigneux et méthodique. Elle hésite pas à prendre son temps pour mener ses projets à bien. Ah, et qu’est-ce qu’elle ferait pas pour mener ses projets à bien ! Elle sacrifierait des vies – des vies, vous vous rendez compte ? – pour avoir la satisfaction d’obtenir ce qu’elle veut. Petit hic : Samsara est une éternelle insatisfaite. Tendez-lui la main elle vous bouffe le bras, comme on dit. Cependant, peut-être que ce n’est pas vraiment une « éternelle insatisfaite ». Peut-être qu’elle est juste encore incapable de comprendre ce qu’elle veut vraiment. Si elle le savait, elle serait certainement pas en train de cracher sur tout le monde en les regardant de haut. Enfin, ce n’est qu’un avis subjectif, vous êtes libres de vous faire votre propre opinion sur le sujet…

Samsara elle pense qu’à elle, ou du moins c’est l’impression qu’elle donne. Elle a beau être d’une franchise parfois exagérée – elle hésitera pas à vous le dire si vous êtes con ou moche, rassurez-vous… - si elle sait qu’à cinq pas y a un blaireau, à savoir là où vous vous rendez, croyez-moi, elle partira en sifflant en vous assurant que tout va bien, la voie est libre. Après tout c’est votre problème, pas le sien. Et si vous en venez à lui faire confiance si facilement c’est que peut-être vous n’êtes pas totalement sain d’esprit…

Mine de rien, Samsara elle a une fierté. Peut-être pas au point d’être orgueilleuse, quoi que parfois on peut se demander, mais c’est sûr que si vous lui proposez de l’aide elle va cracher par terre et vous traiter de tous les noms. On ne l’aide pas. On ne l’aime pas non plus. Ca la rendrait laide. Comme les autres. Et elle déteste, comme je l’ai dit, rentrer dans des cases. Samsara, elle fait ce qu’elle veut, quand elle veut ; si elle veut cracher sur le chef du Clan X ou pisser sur les pattes du lieutenant du Clan Y, elle le fait, tant pis si ça leur plait pas. C’est pas son problème. Mais si on la prend en pitié, si on veut l’aider, elle devient immonde. Un vrai démon sorti des Enfers pour dévorer les âmes des vivants. Nan en vrai, elle aime pas. La pitié, elle sait jamais si elle est sincère ou pas, elle sait pas comment y réagir rationnellement. Alors elle y réagit de la seule façon qu’elle sait faire : dans le cynisme et la violence.

Au-delà de ça, c’est aussi une grosse inconsciente. Traverser l’asphalte sans même se soucier des monstres ? Pourquoi pas. Aller chasser en terre ennemi avec le risque de tomber sur une patrouille qui ne lui voudra certainement pas de bien ? Tentons l’expérience. Des fois on se demanderait si sa propre vie à une importance à ses yeux. Y a aucun moyen de savoir, mais personnellement je pense que non. Quelqu’un de sensé ne ferait jamais ça. Enfin, y a peut-être des raisons plus profondes, moi je peux pas juger sans connaître, alors je vous invite à vous faire votre opinion sur le sujet…

Enfin, je pense pas avoir grand-chose à dire de plus, du moins je pense pas pouvoir dire grand-chose de plus. Si vous voulez la connaître, faudra s’y frotter. Et s’y piquer, sûrement.

Bref… Je dis ça, mais peut-être que derrière cette couverture épaisse fermée grâce à un cadenas solide y a sans doute des choses à découvrir, des choses plus agréables que ce que le titre du livre laisse à penser. Enfin, y a pas vraiment de moyen de savoir.

Avouez quand même que vous seriez déçus s’il ne s’agissait que d’un livre avec des pages blanches.

Histoire
Samsara - Dans l'hindouisme et le bouddhisme, cycle de la vie, de la mort et de la renaissance. - Dictionnaire français Larousse.



« I’m breaking down, and no one understands
That I’m lost in some abyss.
It’s getting dark, and panic’s setting in.
I’m faced with the end of the world. »

D’aussi loin qu’elle pouvait se souvenir, elle avait toujours été seule. Elle ne se rappelait pas avoir un jour été choyée par une famille, ou même avoir eu des amis. Elle n’était qu’un chat parmi tant d’autres, fondue dans la masse. Seule. Oh, bien sûr, elle avait un nom, mais comment savoir d’où il lui venait ? Elle le portait, simplement. C’était le cours naturel des choses. « Samsara », née dans la neige, alors que le ciel pleurait ses larmes blanches en arborant son masque gris, comme cette pauvre créature tapie dans l’ombre. La nature était ainsi. On naissait, et dès que les deux lunes étaient passées, et que le chaton était jugé apte à survivre seul, on le laissait, sans même un au revoir, avec une connaissance rudimentaire de la chasse et de la nature. C’était comme un cycle infini ; comme le printemps succédait à l’hiver, la mort succédait à la vie, pour beaucoup de ces jeunes livrés à eux-mêmes dans cette nature hostile. A l’époque, elle ne connaissait certes pas les Clans, mais les lois de ces derniers étaient bien plus nobles et plus équitables concernant les petits. Chaque chaton avait la chance de recevoir une éducation, de l’amour. D’avoir une famille. De ne pas être seul.

Elle ne savait pas vraiment d’où elle venait, ni où elle allait. Elle ne connaissait pas hier, comme elle ignorait demain. La saison des neiges battait son plein ; les neiges recouvraient les terres, les arbres, d’un épais manteau blanc glacé. Une froideur extrême qui, à plusieurs reprises, en congela le cœur de la petite, désespérée. Elle avait du mal à comprendre pourquoi elle se sentait si mal, si seule. Mais elle n’avait pas vraiment le choix. Les solitaires, pour survivre sur ces terres hostiles, devaient chasser, devaient s’auto-suffire. Devaient se battre, entre eux parfois, contre la nature le plus souvent, pour qu’elle ne les reprenne pas à la Terre. C’est ainsi qu’avec son entraînement rudimentaire elle commença sa propre lutte. Fragment d’étoile parmi tant d’autres, elle vivait son propre combat, comme d’autres avant elle, et comme d’autres le feraient également une fois que son corps sera retourné à la Terre. Elle n’était personne. « Samsara », certes, mais toujours personne. Parce qu’elle était toujours aussi seule. Et qu’elle était toujours aussi prisonnière de ce destin que le Ciel semblait lui avoir écrit. Elle faisait partie de cette sombre machination des Étoiles ; ceux qui sont forts survivent, les faibles dépérissent. Et c’était un cycle infini ; jamais il ne cesserait, jamais elle ne pourrait le briser, ou lui échapper. C’était la raison même de son existence. Vivre, lutter, mourir, puis peut-être un jour retourner en ce monde pour revivre ce cycle de souffrance, indéfiniment. Elle était liée par ces fils rouges, qui lui enserraient la gorge et la poitrine, l’étouffaient, et dont elle ne pouvait se défaire, la laissant agonisant dans le noir, toujours plus seule, toujours plus froide, incapable même de crier pour appeler à l’aide.

Comme elle avait dû apprendre à vivre seule, elle apprit aussi la méfiance. Ce sentiment pervers qui s’instille dans les cœurs et les force à craindre et détester les autres sans véritable raisons. Ou du moins sans véritable raison apparente. Car la vie d’un solitaire est faite de fourberie. De fourberie, de tromperie, de machinations, et parfois même de violence, quand ceux qu’on appelle « amis » se retrouvent être un frein à la survie. Il n’y a ici pas de place pour l’amour ou l’amitié. Juste le froid. Quiconque avec un cœur un peu trop chaud meurt avant les autres. C’est la loi. Ainsi, comme la survie était plus importante que tout, la confiance envers les autres était quasiment inexistante. Il était impensable de croire en son voisin, alors que celui-ci pouvait simplement attendre son heure pour vous piller votre réserve de proies si durement récoltée – comprenez par là qu’elle avait été volée à un autre félin un peu trop confiant. La naïveté était punie, tout comme la pureté. Ici, seuls les plus durs, les plus cruels et les plus froids survivaient. Alors elle se para de son collier de dureté, de ses bagues de cruauté et de son diadème de froideur. Pour survivre. C’était son destin, après tout, et quand bien même ses vœux les plus chers s’élèveraient jusqu’aux Étoiles, ils seraient simplement ignorés. Le fil rouge se resserrait autour de ses membres, les contrôlant comme si elle n’était qu’une marionnette. Voilà ce qu’elle était. Une marionnette, de ce qu’on appelait « destin », une marionnette de ce qu’on appelait « cycle de la vie et de la mort ». Un jouet du Ciel et des Étoiles, un jouet parmi tant d’autres par ailleurs. Elle n’avait pas d’identité propre. Elle ne s’accrochait même plus à ce nom, qui pour elle n’avait plus aucune valeur, puisqu’elle n’était personne. « Samsara », un nom parmi tant d’autre, enterré dans le noir, invisible, sans signification apparente. Au final, l’ironie se situait peut-être là : son nom n’avait aucune signification, à ses yeux, tout comme sa propre vie.

Malgré la froideur et la cruauté, cependant, subsistait un sentiment ; un sentiment que tous ressentaient, mais que personne n’admettait, pour ne pas paraître faible. La peur. Elle avait peur. Peur d’être sans cesse trahie. Peur de devoir sans cesse jouer ce jeu insensé. Peur d’être condamnée à être seule pour toujours. De toutes ses peurs, celle-ci était la pire. Vivre dans le malheur était bien, aux côtés de quelqu’un à aimer. Vivre seul était la pire chose qui puisse lui arriver. Et ses vœux, là où ceux des autres étaient le pouvoir et l’abondance, étaient simplement de ne plus être seule. D’avoir un – voire deux, ou trois… - ami qui serait là pour l’encourager, la supporter, l’aider quand elle en aurait besoin. Quelqu’un en qui elle pourrait avoir confiance, dans un monde où la confiance était un luxe que personne ne pouvait s’offrir. Cependant, elle doutait que les Étoiles ne lui offrent ce cadeau tant désiré. Les Étoiles étaient cruelles, elles ne faisaient que jouer avec leurs pions ; elles ne leur exauçaient pas leurs souhaits les plus chers.

Elle en vint à accepter cette vie, plus par résignation, que par véritable envie de devenir un pion du destin. Avait-elle un autre choix pour survivre ? Les Clans étaient élitistes et n’acceptaient pas les étrangers. Elle en vint à les haïr : ils avaient le bonheur pour eux seuls, et eux, solitaires, sous-êtres nés des déjections des Étoiles, en étaient les pions, incapable de voir une fin à leur souffrance et à leur solitude. Était-ce juste ? Parce qu’ils aimaient et priaient les Étoiles, ils en étaient récompensés, obtenant tout ce qu’ils pouvaient jamais désirer – le bonheur, une famille, des amis, de l’abondance. Et elle, pauvre créature née de la neige, née du froid, elle était condamnée à mourir étouffée par ces fils rouges qui lui étreignaient la gorge et contrôlaient son corps et son âme ? Jamais elle ne vénérerait ces mêmes dieux qui lui avaient volé ce qu’elle avait toujours souhaité ; les Étoiles, elle leur crachait au visage.

Ouais, elle leur crachait au visage. C’était ce qu’on attendait d’elle. De cracher sur tout le monde. C’était ainsi qu’elle deviendrait le parfait petit esclave, le parfait petit jouet. Bien, alors s’il le fallait, elle deviendrait comme le monde attendait qu’elle soit. Mais elle se refusait de respecter ce « destin » qu’on lui imposait. Elle ne pourrait pas le fuir, elle ne pourrait pas le vaincre, mais elle pouvait toujours essayer de le combattre. Même vaine, cette lutte avait un sens pour elle. Elle refusait de mourir en tant que pion. Elle mourrait en tant que rebelle. C’était ainsi qu’elle voyait sa vie, à présent. Si elle devait survivre en écrasant les autres, elle le ferait. Elle bafouerait les règles sacrées des Étoiles, pour leur montrer qu’elle n’était pas leur esclave. Elle était brave, et forte – pas dans son corps, mais dans son âme, tout du moins. Ainsi, elle décida de vivre sa vie comme elle l’entendait, sans que personne ne lui dicte quoi faire. Et malgré cette solitude pesante qui la rongeait, elle se jurait de devenir toujours pire, pour faire regretter à ce « destin » de l’avoir condamnée à être un vulgaire pion.



Ce jour n’était pas spécialement différent des autres. Du moins, il avait commencé de la même manière que celui d’avant, et de celui encore avant : le Soleil s’était levé, et Samsara était partie chasser. Rien de bien extraordinaire. Comme à son habitude, avec son désir profond de montrer son côté rebelle et de bafouer les règles, elle avait franchi la frontière d’un des Clans – lequel ? elle ne le savait pas vraiment, et ça n’avait pas non plus une grande importance à ses yeux – et avait commencé à chercher des proies. Ce jour-là n’était vraiment pas différent des autres, elle n’avait rien réussi à attraper, avec son ventre vide d’un jour et demi, presque deux jours entiers, et la fatigue l’étreignait rapidement. Sa fourrure était sale et emmêlée, ses yeux avaient perdu cette lueur caractéristique qu’on peut observer chez les êtres vivants. Cette lutte, ce combat, plus qu’elle ne voulait l’admettre l’avait brisée. Elle avait beau tenter de se libérer de ses chaînes, ses dernières se resserraient toujours plus, enfonçaient leurs dards dans sa peau, libérant le sang. Elle luttait contre des dieux, elle, l’esclave sans nom, sans raison d’exister. Sa guerre était inégale, et elle savait au fond d’elle qu’elle n’avait aucune chance de l’emporter.

Pourtant, il arrive parfois que pour torturer leurs pions, les Étoiles trouvent des moyens détournés, desquels il est nécessaire de se méfier, si l’on ne veut en payer le prix. En l’occurrence, Samsara se fit découvrir par des guerriers du Clan dont elle avait délibérément violé les frontières. Ils étaient deux. Revenant de la chasse, ils ne l’avaient d’abord pas remarquée, portant leurs proies, puis l’un d’entre eux s’était tourné vers elle, le regard luisant, à l’affût. L’autre la remarqua dans le même temps, et toutes les injures du monde volèrent dans la tête de la femelle à cet instant. Elle était déjà mauvaise au combat, alors affamée, contre deux guerriers ? Sa chance de s’en sortir indemne était quelque peu inexistante, d’autant plus qu’elle refusait catégoriquement de quitter les terres de ce Clan sur ordre de ces guerriers bien portants, protégés des Étoiles qu’elle haïssait et jalousait plus que tout. Si elle devait se battre, elle se battrait, si elle devait mourir, elle mourrait. Elle mourrait en se dressant contre son destin. C’était avec ces idées en tête, et ces à priori qu’elle aborda les deux guerriers, feulant d’un air qui se voulait menaçant, mais qui était en réalité ridicule à cause de sa petite voix cassée par la fatigue et la faim. Et surtout son corps faible et son poil sale et gras. Les deux guerriers la regardèrent, stupéfaits, incapables vraiment de savoir s’il s’agissait d’une blague ou d’une véritable tentative d’intimidation. « Qu’est-ce qu’elle fait sur notre territoire ? » questionna celui qui semblait être le plus vieux. Son cadet haussa simplement les épaules, pas plus avancé.

Elle avait presque l’impression qu’ils se moquaient d’elle. De quel droit ? Eux avaient la vie paisible, les proies, une famille, des amis ! De quel droit osaient-ils arriver comme des fleurs, se moquer d’elle comme si elle n’était rien ? Elle, avait connu la faim, le froid, la solitude. Eux, connaissaient-ils une fraction seulement de ces mots-là ? Un grondement lui monta à la gorge, bien plus violent. Mais toujours pas assez. Le chat le plus vieux la regarda, faisant la moue, passant d’elle à son camarade, hésitant. Puis il s’approcha, alors que Samsara bandait ses muscles pour attaquer, sentant ses pattes flancher à ce moment, s’accrochant néanmoins pour ne pas paraître plus faible qu’elle en avait l’air. Seulement, le guerrier ne l’attaqua pas. Un instant seulement son regard pétilla de bonté alors qu’il la fixait, et il posa un oiseau bien gras au sol devant elle. « Prends-le », offrit-il, les yeux doux et dénués de toute animosité. Cela laissa la femelle bouche bée. De la pitié ? Elle ne savait pas trop comment réagir. Sa fierté et sa haine des Clans la poussait à vouloir lui sauter dessus et à lui faire bouffer ses poils. D’un autre côté, cet acte de pur gentillesse et d’altruisme voulait qu’elle lui en soit reconnaissante. Bien évidemment, bien que troublée, pour ne pas perdre contenance, c’est la haine qui l’emporta. « Tu crois vraiment que je suis désespérée au point de ramper à tes pieds pour bouffer ce truc ? Tu veux quoi ? Que je te les lèche peut-être ? » grogna-t-elle, bien plus menaçante qu’auparavant.

Il eut un sourire triste, puis soupira. Il se détourna, sans rien dire, et retourna près de son camarade qui observait la scène d’un air que Samsara n’aurait pu définir – admiratif ? anxieux ? désapprobateur, peut-être ? Il était vrai que si son merveilleux Clan apprenait qu’il nourrissait les chats miteux qui vivaient et se traînaient dans la boue, il ne serait certainement pas accueilli en héros… Mais c’était son problème. C’était lui qui était venu lui parler et qui lui avait donné son oiseau, elle, ne lui avait ni demandé, ni forcé à le lui donner. Il s’était mis dans la mouise tout seul. Que ça lui fasse les pieds, tiens !

Néanmoins alors qu’ils partaient, et qu’elle les entendait plus ou moins se disputer, elle ne put s’empêcher de jeter un regard en direction de l’oiseau. Bien gras. Mieux portant qu’elle, en tout cas. Appétissant. Le fumet délicat de la proie lui chatouilla les narines et elle soupira en faisant la moue. Alors, ne pouvant plus résister, elle ramassa la proie, déchirée par ce qu’elle était en train de faire. « Je fais ça seulement parce que j’vais crever si je bouffe rien » marmonna-t-elle pour se convaincre, pas fière d’elle du tout pour le coup…



En fait, les jours suivants furent presque à l’image de ceux-là. Elle venait souvent chasser sur le territoire de ce Clan, et avait toujours la chance de tomber sur ces deux guerriers. Le plus vieux soupirait à chaque fois, se demandant si la femelle cherchait à mourir en revenant à chaque fois au même endroit qui lui était interdit. Si elle tombait sur une autre patrouille, pensait-il, elle était foutue. Comme il ne voulait pas qu’elle devienne dépendante de ses offrandes ou ne parasite le Clan, il se dit qu’elle devrait peut-être apprendre à chasser. Il n’avait jamais eu d’apprenti, mais ça en valait la peine. A l’aube de ses vingt lunes, Aile de Feu, déjà, était considéré comme un des meilleurs guerriers de son Clan. Il était dévoué, s’occupait des anciens et des chatons, certains le considérant même comme un frère, ou un fils, patrouillait et chassait souvent pour s’assurer du bien-être des siens. Il était admiré par nombre d’apprentis et de jeunes guerriers. Entre autres Hymne Mélodieux, le félin qui l’accompagnait à chaque fois que Samsara le rencontrait.

Au départ la cohabitation fut difficile, Samsara n’étant somme toute pas facile à vivre, et ne portant pas les Clans dans son cœur. Elle eut au néanmoins le plaisir d’apprendre qu’elle était sur le territoire du Clan des Roches, en compagnie de deux guerriers qui ne lui désiraient – apparemment, car elle était toujours vêtue de ses voiles de méfiance – aucun mal. Aile de Feu désirait simplement lui apprendre à chasser pour qu’elle évite de revenir sur son territoire et être surprise par une patrouille beaucoup plus belliqueuse, tandis qu’Hymne Mélodieux… Était simplement pris dans toute cette histoire. Seulement, comme elle avait cru comprendre que les deux étaient amis – il y avait une sorte de rivalité sous-jacente entre ces deux félins, cependant elle restait cordiale et amicale – il semblait qu’elle pouvait plus ou moins le croire aussi. Enfin, la cohabitation finit par devenir plus simple, quand elle commença à les tolérer – disons bien tolérer - parce que parfois… « Je vous déteste ! cracha la femelle, dégoûtée et haineuse, vous avez les terres, les proies, tout ce dont un félin peut rêver, et vous osez me balancer comme ça que comme vous avez pissé sur des arbres j’dois partir ? Vous êtes vraiment pitoyables. Vous avez tellement d’abondance ici que je pourrais bouffer jusqu’à en vomir. Vous avez seulement eu la chance de pisser sur les bons arbres, chez nous y a rien. » Et les deux guerriers riaient des petites colères de la femelle, et de sa jalousie mal contenue. Ils lui expliquaient qu’ils n’avaient pas « pissé sur les bons arbres » mais que c’étaient les Étoiles qui leur avaient offert ces terres, ce qui provoquait de nombreux commentaires toujours plus agréables de la part de Samsara. Mais au fond, ils l’appréciaient ainsi, même avec son caractère un peu je-m’en-foutiste et rebelle.



Au fil des lunes, le trio finit par devenir extrêmement proche, au point qu’ils organisaient des rencontres en cachette. Les deux compères prétextaient la chasse ou la patrouille, et la solitaire… ne prétextait rien, car elle allait et venait où elle voulait quand elle voulait, sans avoir à rendre compte à personne. Depuis le temps, elle avait reçu un entraînement digne de ceux des apprentis de Clan, à la chasse, et Aile de Feu avait même essayé de lui enseigner le combat – sans grand succès cependant. Néanmoins il admettait, et son ami était d’accord, qu’avec un langage pareil elle soûlerait suffisamment vite ses ennemis pour qu’ils abandonnent le combat, ce qui les faisait rire, et laissait une Samsara boudeuse et faisant la moue – qui ne contredisait cependant pas ces dires… Ses sentiments grandirent rapidement envers Aile de Feu et Hymne Mélodieux, mais elle se rapprocha davantage du plus vieux, qui avait en réalité presque le même âge qu’elle. Ils étaient toujours fourrés ensemble, faisaient les quatre-cents coups sur le territoire du Clan des Roches ou en-dehors – mais pas sur les terres des autres Clans, avait insisté le guerrier. Elle voyait bien par moment que le plus jeune les lorgnait avec envie, mais elle n’était pas encore à même de comprendre toute l’ampleur de ses sentiments, alors qu’elle découvrait ce qu’était le « bonheur » pour la première fois. Enfin, elle n’était plus seule. Enfin elle pouvait aussi goûter à l’abondance qu’on lui avait de si nombreuses fois refusée. Enfin elle sentait se desserrer ses chaînes qui la tenaient jusque-là captive de son funeste destin. Elle voyait finalement le jour se lever après une longue nuit d’errance dans la neige et le froid. Enfin la chaleur pouvait s’emparer de son cœur. Et pour rien au monde elle n’aurait échangé ce bonheur naissant, ces jours heureux contre plus d’abondance, ou plus de puissance. Elle tenait là le plus beau des trésors. Et peut-être qu’en fin de compte, les Étoiles avaient écouté ses prières, et les avaient exaucées, comme pour s’excuser de l’avoir traitée comme un déchet jusqu’à présent.

La vie lui souriait désormais. Elle écoula des lunes heureuses en compagnie de ses deux amis. Elle aurait donné sa vie pour eux. Ce bonheur, elle ne l’aurait sacrifié que pour préserver le leur, et le leur seul. Elle les chérissait avec tout son corps, toute son âme, son existence entière. Comme les noms claniques avaient un sens, elle redécouvrait peu à peu la signification du sien. « Samsara », c’était beau, c’était parlant. Et elle retrouvait également le goût d’exister, une raison de vivre. Elle se sentait comme invincible, dotée d’ailes géantes qui la porteraient en plein ciel, où elle serait embrasée par le soleil, magnifique, puissante.

On oublie souvent qu’Icare s’y est brûlé les ailes, lui.



Vint le moment où les Étoiles se lassèrent de ce tableau trop parfait, et décidèrent de revenir à un jeu beaucoup plus amusant : torturer. A ce moment-là, Samsara avait oublié à quel point avoir trop confiance était dangereux pour elle, elle avait oublié que la naïveté était punie chez elle. Tout confiante, elle avait simplement décidé de faire un détour pour attraper des proies qu’on ne trouvait pas chez les guerriers du Clan des Roches. Tout ce qu’elle voulait c’était leur faire plaisir. Qu’ils soient fiers d’elle. Qu’ils la complimentent, en lui souriant, et en frottant leur museau contre sa joue pour la remercier. Elle n’avait jamais pensé qu’un simple cadeau les enverrait tout droit en Enfer. On lui avait dit, pourtant, de ne pas pénétrer sur les territoires des autres Clans. Mais qu’y pouvait-elle ? Après tout, Samsara, les règles, elle s’en fichait. Alors, nonchalamment, elle était rentrée sur les terres d’un autre Clan, et y avait chassé une proie, qu’elle avait attrapée. Tout joyeuse elle était partie sur les terres du Clan des Roches pour y apporter sa trouvaille, et déjà l’attendaient Hymne Mélodieux et Aile de Feu, qui commençaient à s’inquiéter ne la voir point venir. Mais elle arrivait, plus confiante que jamais, fière de leur apporter à déjeuner, pour une fois.
Ce qu’elle n’avait pas remarqué, c’est qu’une patrouille était passée peu après qu’elle ait volé la proie, et cherchaient activement le fauteur de troubles.

Pendant ce temps, elle se faisait bien enguirlander par Aile de Feu. « Tu es sérieuse ?! Combien de fois t’ai-je dit de ne pas aller sur les territoires des autres Clans ? Des fois tu me sidères, vraiment…
▬ Oh, eh c’est bon. Que celui qui n’a jamais fauté me jette la première pierre ! T’façon j’fais c’que j’veux, nan ? T’es pas ma mère, non plus », râla-t-elle, exaspérée. Et, vu qu’ils étaient à la frontière, ils ne se rendirent compte qu’on les épiait qu’au moment où trois guerriers du Clan d’où venait Samsara sortirent des fourrés pour se tenir, menaçants, face à eux. Aile de Feu releva la tête, alors qu’il avait le nez sur la proie, étonné. Un des guerriers adverses s’avança, sous le regard méprisant de la femelle. « Je savais bien que le Clan des Roches n’était pas net ! On nous vole nos proies sur mon territoire ! Et sous notre nez en plus ! s’indigna le guerrier en feulant. Je veux que le coupable se dénonce, tout de suite, que je lui fasse bouffer ses poils ! ». Samsara soupira, prise sur le fait. Elle leva les yeux au ciel, exaspérée par les manières de ces chats de Clans. Parfois leurs règles étaient quand même stupides au possible, il fallait l’admettre. « C’est bon, c’est m…
▬ C’est moi qui l’ai volée » coupa Aile de Feu.

Samsara en resta interdite. Pourquoi mentirait-il ? Pour la protéger ? Elle pouvait parfaitement se défendre seule. Sur le coup elle lui en voulut. La protéger comme ça c’était admettre qu’elle était faible. Si elle devait perdre, elle perdrait fière, la tête haute. Elle ne voulait pas qu’on la protège, elle ne voulait pas qu’on prenne les coups à sa place. Se battre contre les Étoiles, c’était ce qu’elle avait toujours fait ; elle ne comptait pas s’arrêter en si bon chemin. Mais, alors qu’elle s’avançait pour s’interposer, Aile de Feu l’en dissuada d’un regard. Un grognement lui monta à la gorge, exaspérée, mais elle resta en arrière, boudeuse. Elle pensait déjà à la dispute qui s’annonçait après tout ça. « Bien, toi et moi on va se battre. Celui qui gagne remballe la proie, et celui qui perd il écrase et se casse, ok ? » Aile de Feu acquiesça. C’était un brave guerrier, qui ne connaissait pas la peur. Alors se faire insulter par un blanc bec du coin, comprenez que c’est pas très menaçant… D’autant que ses mots étaient loin d’être aussi menaçants que ceux d’une Samsara en furie…

Les deux autres guerriers surveillaient Samsara et Hymne Mélodieux, qui, impuissants ne pouvaient rien faire d’autre que de regarder le duel. La femelle commençait à sentir une angoisse sourde lui enserrer le cœur, le piquer comme autant d’épines tranchantes, qui lui mirent les sentiments à vif. Mais tout irait bien, pas vrai ? C’était ce qu’elle se disait, pour se rassurer. Après tout, Aile de Feu était un guerrier fort et brave – encore plus fort et encore plus brave qu’elle. Elle n’avait aucune raison de s’inquiéter.

La joute commença. Ils s‘attaquaient coups de griffes et de crocs, dansant ce ballet mortel avec autant d’aisance et de grâce que les étoiles dansant dans un ciel nocturne. Les deux guerriers ne semblaient pas prêts à abandonner leur victoire, chacun frappant l’autre dans les endroits où ils seraient le plus susceptibles de le neutraliser. Aucun des deux ne semblait avoir l’avantage sur l’autre. Ce combat pouvait être comparé à une œuvre d’art, tant les deux partis s’acharnaient à trouver de nouveaux pas de danse pouvant faire tomber l’autre, afin de gagner une malheureuse proie qui, dans toute l’histoire n’avait strictement rien demandé. Après un coup de patte bien placé dans le ventre de son adversaire, Aile de Feu prit l’avantage. En réalité, il menait plus ou moins la danse depuis le début, mais son adversaire était suffisamment doué pour déjouer les coups dangereux. Mais là, le mâle du Clan des Roches était bien parti pour gagner.
Bien parti, ouais…

Alors qu’il fonçait sur son adversaire pour en finir, ce dernier feinta sur le côté, et griffa violemment le cou du guerrier qui en feula de douleur. Cependant, bien parti sur son élan, il asséna un puissant coup de patte à son ennemi qui fut projeté au sol et qui, épuisé, ne se releva pas, défait. La patrouille ennemie, non sans menacer davantage le guerrier ni râler, partit la queue entre les jambes, complètement laminée. Mais Samsara se moquait de cette défaite cuisante qui n’avait que peu d’intérêt pour elle. Son ami saignait, et abondamment. « C-Ça va ? bégaya-t-elle, inquiète.
▬ Ca va, grogna-t-il, Faut juste que je rentre au camp pour qu’on me soigne, ça va aller, t’inquiète. ». Elle acquiesça, ravalant tous les reproches qui lui venaient à l’esprit. Après tout il n’avait sans doute pas envie de l’entendre râler tout le temps, et elle n’avait pas spécialement non plus envie qu’ils se disputent. Elle laissa simplement courir. Après tout, il allait se faire soigner, non ? Ils se quittèrent sur ces entrefaites, et Hymne Mélodieux raccompagna son ami dans son Clan. Dès le lendemain, tout irait bien.

Et pendant ce temps, les Étoiles riaient à s’en faire péter le bide.

Ce jour-là fut décisif. Ce fut celui qui l’enchaîna à jamais à son destin de « chose », de « chat parmi tant d’autres ». Son destin était écrit, elle le savait. Pourquoi elle avait voulu croire, un instant, que les choses auraient pu changer, elle ne le savait pas. En tout cas, avec ce destin, elle avait brûlé les ailes des enfants chéris des Étoiles. Parce qu’elle n’était qu’un pion, une mauvaise herbe, on lui retira ce qu’elle avait de plus cher. Lui accorder ses rêves, pour mieux les lui briser. La haine qui naquit de cet instant en fut telle qu’elle repoussa tout autre sentiment dans les méandres d’une infinitude cachée au plus profond de son cœur. Le reste était occulté par cette rage d’exister qu’elle avait. La blessure qu’il avait, qu’il avait reçue par sa faute, qu’il arborait parce qu’elle avait eu l’idée de voler une proie à un Clan voisin, cette plaie s’était infectée, conduisant, en quelques jours seulement, le guerrier à la mort, sans qu’on ne puisse rien y faire. Hymne Mélodieux en avait sûrement été très touché. Mais pas autant qu’elle. Elle en avait du dégoût rien que d’y penser. Elle voulait voler jusqu’au ciel et abattre toutes les étoiles de la nuit, voler le soleil, voler la lune, ravager toute cette création qui lui était désormais vide de sens. Ravagée cette vie, qui aurait déjà dû être prise à la place d’une autre, plus noble et plus pure. Elle n’était qu’une esclave inconsciente, une esclave endormie qui se pensait autorisée à rêver d’amour et d’amitié. A quel moment avait-elle sincèrement cru que les Étoiles lui accorderaient ce vœu ? Elle n’était que leur marionnette, enveloppée de ses fils rouges qui manipulaient sa vie comme bon leur plaisait.

Elle cessa de venir sur le territoire du Clan des Roches. Amère, abattue, vidée de ses forces. Elle avait cette conviction que si elle aimait, les Étoiles s’évertueraient à lui retirer cet amour. Dans la violence. Dans le sang. Dans l’idée, douloureuse, de la perte d’un être cher. Au final elle était condamnée à être seule. Si elle aimait, l’être aimé mourrait, tandis que si elle haïssait, les Étoiles en riraient davantage de la savoir toujours plus seule et toujours plus triste. Alors soit. Elle continuerait de foutre son bordel comme à l’accoutumée, pour leur montrer qu’elle ne mangeait pas de ce pain-là. Mais elle n’aimerait pas, elle n’aimerait plus. C’était trop risqué, tant pour elle que pour les autres.

Et elle pensa ainsi pendant les dernières lunes, ruminant cette perte, haïssant chaque être vivant du plus profond de son cœur, pour leur épargner ce tragique destin qu’ils devraient partager avec elle. La haine comme bouclier, l’amour comme arme. Haïr pour mieux protéger ceux qu’elle aimait – à savoir pas grand monde. C’était ça, sa vie. Mieux tuer les gens de l’intérieur, pour leur éviter de l’aimer.

Tout ça pour satisfaire une quelconque envie de sang venue d’en haut, qui n’avait ni motivation ni objectif.
Si c’est pas beau la vie…
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Hey Sam ! ❤ Bienvenue encore une fois !
C'est quoi cette prez, elle est longue ! 0.0

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Mar 25 Juil - 17:23
(re) Bienvenuuue ♥
Chouette présentation j'aime déjà ton matou ! c:

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Merci Plou c'est magnifique I love you
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Mer 26 Juil - 1:14
Premièrement, je voudrais te dire que j'adore et je suis complètement amoureuse de ta plume. Je me suis immergée dans cette présentation et en suis ressortie en retenant mon souffle et, sans être vulgaire, tabarnak que j'adore ton talent pour captiver les yeux. Tu es une des seules personne qui me fait rêver sans avoir à dormir et merde que je suis en fangirl devant ton écriture. Ahhh. ♥

Deuxièmement, j'ai tellement hâte de faire un possible rp avec toi que je m'en mords les doigts. Du coup il ne te reste qu'un p'tit vava pour être validé (signa) et tu pourras entrer dans le monde des liens fantasmagoriques et des rp's intenses. Coeur !

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Mer 26 Juil - 8:47
Bienvenuuuuuue !
Cette présentation est merveilleuse, vraiment **

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Murmure Éternel


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Fleur Grise
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Mer 26 Juil - 9:12
Wow ! Rarement vu une présentation aussi complète x) Bienvenue parmi nous ♥

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Samsara
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Mer 26 Juil - 11:22
Oooh, merci à tous c'est trop mignon ;w; j'fais rarement des présentations écrites comme ça, parce que j'préfère souvent écrire avec 40.000 métaphores par phrases et après ça fait 40 pages... et... et... Mais là pour le coup ce style correspondait mieux au perso je trouve ;w;

Merci pour vos compliments c'est adorable comme tout, hâte de RP avec vous ♥
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Mer 26 Juil - 18:04
Lire cette présentation avec des cookies était la meilleure idée que j'ai jamais eu, tu l'as merveilleusement bien écrite et j'en suis jalouse *^*

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;-;:
 
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Jeu 27 Juil - 13:33
Wow ♥  Je suis toute impressionnée face à ton écriture ! Comme déjà dit au-dessus tu es vraiment particulièrement agréable à lire et on ne voit pas le temps défiler !

Bien entendu ta présentation est parfaite et très complète, il n'y a rien à redire ! Comme l'a dit ma Mélo il te manque juste le kit *3*, et après à toiii les RP et à nous le plaisir de faire rencontrer nos personnages ! ♥

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Jeu 10 Aoû - 16:52
Je te valide, bon jeu à toi !

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