AccueilCalendrierFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

 :: L'aventure commence :: Territoire Neutre :: Caverne des miracles :: Pierre des rêves Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Les luminaires du ciel

avatar
Messages : 761
Date d'inscription : 21/06/2017

Feuille de personnage
Âge: 35 lunes
Sexe: Mâle
Relations:
Chef
Mar 22 Aoû - 5:01
Patte Mélodieuse se promenait dans la forêt, serein. L'affluence de végétation était d'une beauté particulièrement touchante cette nuit, la lune baignant les arbres d'une douce lumière nacrée. L'astre du ciel peignait en délicatesse la toile qu'elle contemplait chaque jour, prenant un réel plaisir à étendre ses rayons translucides, les faisant ricocher sur multiples surfaces. Ils se fichaient dans la terre meuble, reflétait la beauté dans les rivières et caressait le pelage des animaux, les rendant irréels pendant quelques secondes. Néanmoins, ce temps semblait durer éternellement pour eux, se vantant de contempler la magnificence nouvelle de leur physique. Les cerfs levaient leurs grands bois au ciel, gonflant leurs poitrails ; les renards ricanaient dans la nuit calme. Chasseur et chassé se côtoyaient en cette charmante opacité, s'échangeant regards éthérés et posés. Les ruisseaux chuchotaient conte et légende, les arbres bruissaient en écoutant leurs douces voix ; on s'arrêtait, penchait notre tête, accueillait.

Silence, les enfants, l'heure n'est pas à la parole.. Écoutez.. Le son des cris..

La guerre n'est jamais loin. Les conflits ne s'éteignent pas et les ennemis gagnent toujours ; ce qu'il vous faut, à vous, les héros, c'est l'espoir de les vaincres. Peu importe si vous mourrez au combat ou que vos amis périssent sous les crocs tranchants de félins, vous devez les arrêter. Votre corps ensanglanté, se trainant au sol par la simple force de votre esprit, sera achevé. Vos boyaux sortiront en déluge de votre ventre et le sang de votre jugulaire éclaboussera les pattes de vos ennemis comme une vulgaire chute d'eau. La paix n'est qu'une illusion pour les plus faibles d'entre vous, se dorlotant de cette douce aberration.

Vous allez vous noyer sous le sang et l'espoir n'aura jamais été aussi éphèmère.


Ciel Mélodieux se réveilla brusquement. Le museau trempé dans le lac de la pierre des rêves, il se releva en vitesse pour expulser le liquide de son corps, toussant en essayant de ne pas rendre le contenu de son estomac. Son coeur battait aussi vite que le grondement des éclairs et il n'arrivait pas à le calmer, un air horrifié planant sur ses traits. Il ne se souvenait même pas d'être venu ici, comme si le chemin de son clan jusqu'à cette place n'avait été qu'un rêve étrange, tour d'un esprit en fusion. Celui-ci bouillait d'ailleurs de ses pensée se cognant les unes contre les autres, remuant son corps qui semblait réagir à cette agressive attaque psychique. Épuisé de ce réveil brutal et du trop-plein d'informations, il se traina jusqu'à une roche pour s'y échouer, hors de souffle. Son regard ambré caressant le ruisseau qui traversait la caverne, il essaya de reprendre contenance pendant de longues minutes, abattu. Les souvenirs s'ajoutèrent lentement dans le dédal de son esprit, le calmant peu à peu. Il se rappellait.. Il retraçait tout. Ce matin, il s'était réveillé avec l'impression que le clan des étoiles voulait lui parler, allant donc voir son guérisseur d'un pas calme. Sur la recommandation de ce dernier, il était venu jusqu'ici, bien que ce ne soit pas la pleine lune habituellement indiqué pour les paroles des chats étoilés.

Il avait eu raison. Il n'avait reçu que le souvenir qui lui ressassait le cerveau continuellement, cette pensée se tenant dans un coin de son subconscient, hurlant sa hargne.

- Moi, c'est Patte Mélodieuse.

Le jeune apprenti regarda la petite boule de poil qui se tenait devant lui, un air intéressé caressant son visage enfantin. Avec sa petite taille et son air gamin, il avait lui-même l'air d'être de l'âge du chaton noir devant lui, le faisant légèrement grimacer. Au moins, la maturité de son âge dépassait largement les apprentis de son clan, le rendant apte à prendre des décisions en vitesse. C'était d'ailleurs une de celles-ci qui avait sauvé le jeune orphelin des brumes, le frêle des roches le sauvant de justesse du meurtre de son père. Le sang éclaboussant les arbres et la terre aux alentours, il n'avait pas pu s'empêcher d'aller à la rescousse du petit, détalant plus vite qu'un lièvre en essayant tant bien que mal de le tirer dans sa gueule.

- Moi, c'est Petit Ténèbre.

Dans un éclat touchant de sentiment, leurs yeux s'étaient croisés et étaient restés accroché l'un à l'autre, comme s'ils ne voulaient plus jamais se lâcher. Les luminaires, l'un ambré et le second vairon, avaient raiyonnés d'une douce lueur que les deux comprenaient enfin.

Ils s'étaient souri. L'amitié.


Rouvrant une deuxième fois ses yeux, sans grande panique ce coup, le petit matou des roches esquissa un piteux sourire. Cela faisait plus d'une lune qu'il n'avait pas vu son ami d'enfance, les deux étant sûrement trop occupé par diverses tâches en cette saison des feuilles vertes. D'ailleurs, le meneur se demandait s'il allait bien..

Malheureusement, l'heure n'était pas aux souvenirs.

Se remettant sur ses pattes, il secoua sa tête et s'étira longuement, voulant profiter de la noirceur pour regagner son clan. Ses pattes le menèrent à l'entrée, derrière un gros rocher, puis il entreprit le mouvement de joindre son clan. Pourtant.. Quelque chose le retint. Une odeur aggripa ses narines, ou alors le souvenir de son rêve, le nez plongé dans l'eau, le fit rester sur place. Une mauvaise intuition, ou.. Une bonne ? Quoi qu'il en soit, il décida de l'écouter ; du moins pour quelques minutes. Il choisit le rocher pour s'y appuyer et commença lentement à laver son pelage, passant sa langue sur son poitrail ébouriffé. Curieux de voir ce que lui réservait l'avenir, il jetait quelques coups d'oeils au seul accès, se demandant s'il n'avait pas halluciné cette intuition.

Néanmoins, les luminaires du ciel lui soufflaient, tout doucement, à l'oreille, un non empli de rire.

_________________
Ciel Mélodieux charme en #330033 gras

l'amour ici:
 
ne cliquez pas:
 
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 84
Date d'inscription : 02/08/2017
Autres comptes : Aucun

Feuille de personnage
Âge:
Sexe: Mâle
Relations:
Lieutenant
Dim 3 Sep - 22:56
La nuit peignait son habituel tableau argenté alors que les étoiles murmuraient à l’unisson des mélodies conciliatrices. Les yeux de la noirceur brûlaient sous les éclats luminescents des astres qui semblaient flotter dans les cieux, égayant et enjolivant l'obscurité environnante. La lune, quant à elle, prenait un malin plaisir à se refléter dans les iris cristallins du jeune chaton au pelage ébène et semblait bien trop paradoxal au meurtre prémédité. Son regard posé sur la voûte céleste effleurait doucement la nébulosité tandis qu'il cherchait les mots à mettre sur cette image harmonieuse.

Le ciel était mélodieux.


Ses coussinets flattaient doucereusement la terre humide, l'emportant là où l'univers aimait percer la pierre pour colorer ses parois rocheuses de sa faible lueur opaline. La musique soyeuse de l'eau qui serpentait dans les sillons caressait ses oreilles avec tendresse, semant sur son passage une agréable nostalgie. Cela lui rappelait les beaux jours où, ensemble, vaillant apprentis qu'ils étaient, ils arpentaient la forêt qui leur paraissait aussi fourbe qu'eux-mêmes, alors qu'ils se perdaient dans son inépuisable végétation. Il sourit. Les souvenirs étaient si délicats, si gracieux et si splendides... mais ils devenaient parfois semblables à une brume aussi opaque que la nuit.

Il devait être de la même taille que lui, si ce n'était pas moins. Et pourtant... pourtant, il était de 5 lunes plus âgés. Il était plus mature, plus agile, plus fort, plus éblouissant, plus tout ce qu'il aurait voulu être. Il était à ses yeux son modèle, un exemple à suivre, le chat qu'il rêvait d'être. Il l'idolâtrait, il convoitait son caractère comme on convoite une proie.

Il aimait noyer ses yeux rutilants dans les siens, chercher dans ce mélange fauve de mélancolie, de rébellion et d'allégresse une étincelle d'amour. Les multiples instants où il plongeait dans l'océan que renfermait ses iris ambrés, il aurait voulu pouvoir lui transfuser toute son admiration, toute l'euphorie qui l'accaparait chaque fois que ses orbes léchaient sa silhouette. Il adorait détaler parmi les herbes hautes en sa compagnie, zigzaguer près des arbres comme pourchassés par une force invisible et vagabonder au gré du chant des merles et du vent qui faisait frémir ses moustaches. Il appréciait particulièrement les moments où ils jouaient, tels de jeunes chatons immature, se chamaillant,  s’agrippant l’un à l’autre comme si leur vie en dépendait. Ce n'était pas simplement son meilleur ami, c'était bien plus que cela. C'était son frère.

Il aurait voulu lui dire qui l'aimait, tout simplement, mais il n'avait jamais osé.


Il s'échoua sur la pierre, écoutant calmement la chanson de l'eau. Sa langue erra paresseusement sur ses pattes, nettoyant doucement son pelage couleur nuit, tandis que les souvenirs ne cessaient d'affluer. Comme un étrange sentiment, mélange d'amertume nostalgique et de bonheur maussade, prit possession de son être, un murmure de culpabilité émergeait au fond de son cœur. Il ne savait pas si sa mémoire lui jouait des tours où si c'était la pure et dure réalité, mais il avait la mauvaise impression que cela faisait des lustres qu'il n'avait pas parcouru le monde en compagnie de son plus cher... pouvait-il estimer cette relation impérissable et inébranlable comme étant de l'amitié? Leur histoire aurait pu sembler presque irréaliste aux yeux de certains, il ne voulait pas s'hasarder à qualifier leur lien si unique de banal camaraderie. Après tout ce qu'ils avaient sut affronter ensemble, toutes les fois où ils avaient triompher côte à côte... et son aîné qui l'avait si bien transcender... il se refusait à dire que ça, c'était de l'amitié. À ses yeux, aussi simple que cela puisse paraître, c'était de l'authentique fraternité, que le sang qui coule dans leurs veines soit identique ou non.

D'autant plus qu'ensemble, ils avaient put goûter au délice de la vengeance.

Le satellite argent s'était furtivement éclipsé derrière une interminable masse d'un sombre brouillard, et les milliers d'astres qui faisaient habituellement preuve de nitescence l'avaient rejoints sans broncher, n'osant plus briller sur la scène funeste actuelle. Les arbres criaient, craquaient sous le vent, et se risquaient à briser le sinistre silence nocturne pour honorer le prochain meurtre. Les feuilles qui peinaient à se cramponner aux branches bruissaient sous la brise fraîche de la nuit, attaquer par l'insupportable froid de la saison des feuilles mortes. Le paysage était donc tout naturellement plongé dans une obscurité sans bornes, nécessitant aux animaux de faire usage de tout autres sens que la vue. La nuit les aveuglaient.

Un chat gris sur un félin roux, un matou noir posément assis, observant méticuleusement le crime qui avait lieu juste au bout de son museau. Il inhalait agréablement l'air glacial, le laissant refroidir son corps brûlant sous la précédente course effrénée, puis l'exhalait avec légèreté, en harmonie avec les bourrasques qui relevait son doux pelage. Sa queue balayait gentiment l'air, obtempérant de lents mouvements horizontales, lui donnant une allure sinueuse. Il pencha doucement la tête vers la droite, puis accrocha son regard sur le terrier de blaireau qui n'attendait que le corps du défunt. Ce moment était parfait, car il savourait enfin avec délicatesse le goût acerbe de la vengeance. Malgré les nombreuses plaies et égratignures camouflées sous ses poils ébènes qui le torturaient un peu plus à chaque seconde qui s'égrainaient, il y goûtait finalement. Ses iris lumineux glissèrent de nouveau sur le père et le fils, appréhendant la mort avec félicité. Les paroles de son meilleur ami caressèrent ses oreilles alors qu'il était submergé d'une vague de jouissance psychopathe.


-Je serai toujours un bâtard à tes yeux.

Et la fine griffe du félin à la fourrure de poussière traça un grandiose chemin sur la jugulaire de son paternel. Il lui avait arracher cruellement son tout dernier souffle.

Au même moment, un rayon du clair de lune s'était rebeller contre les nuages et avait percer les vapeurs obscurs, venant miroiter dans les yeux clairs du chat noir. Il savait que le ciel n'allait pas pleurer, au détriment du deuil, il préférait chanter la libération que les représailles étaient.  

Mais le ciel demeurait ténébreux.

Il n'avait jamais compris, ne comprenait pas et avait le sentiment qu'il n'allait jamais comprendre pourquoi cet homicide lui apparaissait toujours dans les tréfonds de ses rêves. Cela devait pourtant appartenir au passé... Peut-être qu'il y avait une cause, une raison pour que sa mémoire le fasse souffrir d'une telle manière.

Ou peut-être était-ce précurseur de leurs retrouvailles?

_________________
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 761
Date d'inscription : 21/06/2017

Feuille de personnage
Âge: 35 lunes
Sexe: Mâle
Relations:
Chef
Lun 4 Sep - 20:01

Le sang éclaboussa sans vergogne le paysage aux alentours, mouchetant de son putride pigment le sol qui imprégnait dorénavant la vie du mâle qui avait succombé. Les grands arbres, fermant leurs yeux en faisant bruisser leurs ramures, se peignaient déjà de la couleur du meurtre, abordant avec fierté le teint de la vengeance des deux matous. L'on aurait dit qu'une révolution entrait en marche, hurlant avec âpreté tout le malheur que le félin roux avait pu leur apporter ; on arrachait sa fourrure, se drapant de cet éclat feu qui ne brillerait dorénavant plus. Bryacée, Ancolie ou Volubilis rentrait dans le sein de leurs maternels, exécrant cette même étiquette verdâtre qui inondait les orbites de l'ancien lieutenant. Le seul élément de la nature qui parût s'éveiller à ce crime fût le grand séquoia, au-dessus du tableau poignant, qui fit glisser sur ses feuilles les gouttelettes durement amassées de cette peinture vivante. Comme délimité par une charmille, la perle opaque s'écrasa sans plus d'amabilité sur le front du matou portant un nom sacré, sombrant sur son visage en embrassant son pelage humide. Terminant sa folâtre course dans la gueule du mélodieux qui portait l'appellation arabesque des ancêtres, elle entra en se traînant dans sa gorge serrée, allant trouver refuge dans l'intestin de celui qu'elle habiterait dorénavant. Il se nommait Ciel Mélodieux. Il avait tué son père, et rien ne se placerait sur son cheminement, sans quoi il lui trancherait sa jugulaire comme il l'avait fait avec son paternel.

Le meneur des roches ouvrit lentement ses prunelles d'ambres, réalisant en même temps que la clarté agressante qu'il s'était encore assoupi dans cet endroit fatiguant. Ce fut une lente révélation qui chemina dans son esprit comme une couleuvre qui le fit admettre en soupirant qu'il manquait clairement de sommeil, courbant sa nuque devant cette affirmation. La vie qu'était celle de chef ne lui laissait pas beaucoup de temps pour parler aux cieux, bercé dans leurs pattes comme l'aurait fait sa mère à son jeune âge.. Allait-il retrouver le repos bénéfique qu'il jouissait dans le temps de la tendre enfance ? Hélas, probablement jamais. Ses vieilles ébauches soufflé par son réveil accueillirent son corps qui se levait d'un air éculé, se résignant à rentrer dans son campement pour retrouver le monotone contexte de son existence. Craquant ses os ankylosé et imbibé d'une humidité frisquette, sa queue se balança de droite à gauche, se mettant en rythme avec ses iris léthargiques. Murmurant pour lui-même, il tourna sa tête et laissa entendre d'une faible voix, celle-ci s'enroulant autour de ses frêles oreilles ;

- Bon.. Tout ce que le clan des cieux m'aura apport-..

Le reste de son apophtegme (dû moins, dans son esprit un peu trop sûr de lui) s'évanouit dans l'air glacé par l'obscurité, le laissant pantois devant la vision qui s'éveillait à lui. Se trouvait-il encore amorphe, inactif dans une quelconque invention de son subsconcien travaillant ? Il cligna avec béatitude ses paupières, redoutant le moment où on l'arracherait de cette hallucination réchauffant son coeur grelottant. Là, étendu prêt de la silencieuse mare baigné de lumière, se trouvait une anatomie qu'il ne connaissait que trop bien. Les cicatrices qui barraient son élément, il pouvait les tracer de loin en fermant ses prunelles d'ambres ; la taille de sa tête, la couleur de ses orbites luminescentes, tout son être en entier. Cette soif qu'il avait depuis longtemps oubliée remontait tel un torrent d'eau fraîche et il ne pouvait s'empêcher de plonger tout son organisme dedans, s'abreuvant comme s'il n'avait jamais goûté breuvage aussi délicieux. Enfoncé dans ce fluide, les sens bouchés par toutes sortes d'émotions contradictoires, il sentit enfin ce lien qui claquait férocement contre lui, faisant trembler ses pattes maigrichonnes.

Le firmament souriait et Ciel Mélodieux ne pouvait s'empêcher de lui répondre, son coeur s'emballant devant l'énorme cadeau de l'empyrée.

Astre Ténébreux se tenait là, en chair et en os, son pelage nébuleux flottant dans le courant d'air qui s'engouffrait par les accrocs de la caverne. Pour la première fois depuis cinq pitoyables lunes, son odorat pouvait humer l'odeur particulière qui s'échappa de ce même poil ; délicate fragrance de sapin et de sentiment immergé dans l'astre lunaire. Un bonheur sans équivoque s'empara de lui, comme si le feu de son âme avait rejoint la poudre qui lui permettait de ressentir enfin la joie de se tenir proche de quelqu'un. Ce fut un tas de perception qui pénétra du même mouvement son organe vital, celui-ci ne sachant pas comment gérer ce trop-plein d'impression qui lui aspirait tout le mal de sa journée.

- Hymne Mélodieuse, hey, Hymne ! Le premier qui arrive au lac gagne le droit de déguster à lui seul l'herbe verte que j'ai apportée.

Une mince risette déforma les traits des deux acolytes, l'un cherchant respectivement le moment de partir dans les bourgeons de l'autre. L'interruption de toutes paroles envahit l'atmosphère autour des deux camarades, rendant ce début de course encore plus spécial pour l'oeillade des matous. Ils savaient. Ils savaient tout ce qu'ils avaient enduré ensemble, tout le sang qui maculaient leurs griffes ivoire jusqu'à la fin de leur vie séparée. Rien de tout cela ne semblait pourtant les atteindre, la comparaison de ces coups d'oeils remplies de jovialité rendant le tableau beaucoup trop égayé pour qu'on y mette la culpabilité d'un quelconque meurtre.

- BOUH !

Le plus grand décampa aussi vite qu'une colombe, virevoltant dans les airs avec son éternel et abondant pelage charbonné. Sa grande masse musculaire lui permettait d'effectuer de grandes foulées puissantes, ses pattes athlétiques le portant avec la facilité d'une mère auprès de son chaton. Les grandes oreilles pointues qui drapaient ses trous d'âmes vairons entendirent pourtant parfaitement le son du plus malingre s'avancer, barbouillant son visage d'une concentration hors pair. Même s'il n'avait pas grand muscle qui décorait son manteau poussière, il savait tirer avantage de ce qui le ralentissait ; glissant dans des petits trous, augmentant la cadence par petite tirée et esquissant d'extraordinaires sauts caratéristiques aux roches, il arriva bientôt à la même hauteur que son ami. Un élan de sympathie traversant leurs faciaux concentrés, la vraie raison de cette amitié éclata en une touchante remontée sur la colline, ces deux associés s'arrêtant d'un accord silenciex pour observer en contrebas. Le magnifique point d'eau rayonnait en égal à l'azur se parant d'une robe bleue chaleur, celle-ci portant avec fierté la balle incandescente dans son coeur. Les vieux arbres et les jeunes se courbaient face au vent qui arrivait dans le bal, l'échine des troncs descendant à un niveau bien bas pour cette apparition. C'était.. Somptueux. La tristesse s'empara avec lenteur de leurs gorges serrées, la réalité s'imposant dans leurs coeurs et leurs visages comme celle qui resterait en place toute leurs affligeantes existences.

D'un côté, on apercevait les hautes roches des plateaux du petit chat ; de l'autre, les marécages stagnants et sombres du plus grand. Il ne pourrait jamais rien y faire, la différence de sang qu'il portait en eux s'attachant à leurs pattes comme un boulet de fer qui tétanasiait tout mouvement.


- Si tu ne m'avais pas poussée, je l'aurais gagné, cette fameuse course, espèce de crotte de souris.

Ne laissant pas le temps à l'âme perdue de réagir à cette phrase lancée dans son oreille, une épaule vint se placer entre les omoplates de l'ébène victime. Profitant de la surprise que créait cette attaque finaude, la poussée du courtaud suffit à le faire plonger tête première dans la flotte vigoureuse, déclenchant un puissant éclat de rire de celui qui était au sec. Depuis le temps qu'il voulait avoir sa revanche de ce jour où il lui avait pilé sur la queue, l'empêchant d'arriver vainqueur au point de rendez-vous ! La nappe frétilla sous les bulles de l'autre et le coeur du tigré ne put s'empêcher de battre plus fort, l'amitié réchauffant la température de son corps. Se gaussant de la chute qu'avait éxecuté son frère d'attache, il recula néanmoins d'une ou deux pattes pour ne pas avoir à se faire mouiller lui aussi par son charmant camarade. Les retrouvailles étaient délicieuses.

et l'ombre entourait enfin le rocher, enroulant son corps d'une éphémère caresse pour adoucir la surface petrifiée par le cycle infini de la souffrance

_________________
Ciel Mélodieux charme en #330033 gras

l'amour ici:
 
ne cliquez pas:
 
Revenir en haut Aller en bas





Contenu sponsorisé
Revenir en haut Aller en bas
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
La guerre des clans :: L'aventure commence :: Territoire Neutre :: Caverne des miracles :: Pierre des rêves-
Sauter vers: